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Je n’ai pas lu « La servante écarlate » mais le dernier ouvrage de Margaret Atwood « Les Testaments » (Éditions Robert Laffont ) m’incite fortement à réparer cette lacune, à revenir en arrière, à essayer de comprendre comment une organisation (Les fils de Jacob) a pu mettre la main sur les Etats-Unis et instituer un état totalitaire nommé Galaad dont la particularité est de réduire les femmes à la servilité absolue, leur interdisant même d’ouvrir un livre. Et ce régime a perduré assez longtemps au XXIIe siècle (autant dire demain), pour commettre, au nom de Dieu, monstruosité sur monstruosité, y compris ce châtiment de « dilacération », peine capitale sous forme de lynchage à laquelle est condamné tout opposant ou opposante qui ose braver le régime.

« Les Testaments » est un livre inquiétant. Il montre cependant combien l’âme humaine est capable, à travers trois portraits de femmes, d’initier la résistance et d’œuvrer au pourrissement intérieur d’une organisation totalitaire.

Un livre palpitant où « L’âme résiste » pour reprendre le titre d’un déporté de notre région du nom de Joseph Onfray (Éditions Corlet). Il a existé. Les trois femmes (Lydia, Agnès, Daisy) sont des personnages imaginaires. Par la plume de Margaret Atwood, elles nous interpellent… Dans l’histoire de l’humanité, le pire n’est jamais à exclure !

« Les  Testaments » par Margaret Atwood, coll. Les Pavillons chez Robert Laffont, 542 pages.